Le décret n° 2003-925 du 26 Septembre 2003 officialise la date du 5 décembre comme journée officielle d’hommage aux « Morts pour la France » de la guerre d’Algérie et des combats du Maroc et de Tunisie.

Les cérémonies du 5 décembre doivent donc désormais être l’occasion de manifester l’unité du
monde combattant dans un hommage national unanime à ceux qui ont versé leur sang en Afrique du
Nord.

I. Rappel historique

Le 18 mars 1962 étaient signés les « Accords d’Évian » entre les autorités françaises et les représentants du GPRA.

Ils prévoyaient notamment un cessez-le-feu général en Algérie à compter du 19 mars.

Un immense espoir est né ce jour-là, de part et d’autre de la Méditerranée. Il s’est concrétisé, en France, par une approbation massive du référendum du 8 avril 1962.

Hélas, ce cessez-le-feu n’a été respecté que par la partie française. L’entrée en vigueur de cet accord, à partir du 19 mars 1962, correspond en fait — tous les historiens en conviennent aujourd’hui — à une intensification dramatique des exactions de toutes sortes, en particulier contre les troupes françaises, les supplétifs (Harkis et Moghasnis), et les pieds noirs. Il y eut dans nos rangs cinq fois plus de pertes après le cessez-le-feu du 19 mars 1962 que pendant les sept années de la guerre d’Algérie.

Le 2 juillet 1962, l’Algérie accédait à l’indépendance.

II. Le 19 mars est aujourd’hui célébré en Algérie comme la « FETE DE LA VICTOIRE », la France ne saurait retenir une telle date.

Dès 1963, le gouvernement algérien, non content d’avoir parjuré sa parole lors des accords, choisissait de retenir le 19 mars pour la célébration de sa « victoire » sur la France. En 1997, il éditait même un timbre à cette occasion (joint en annexe).

Le 19 mars 2004, le quotidien « El Moujahid » écrivait encore : « le 19 mars 1962 a marqué la victoire finale et indiscutable du peuple algérien (sur la France coloniale)… ».

Dans le même temps, en France et depuis quarante ans, les anciens combattants d’AFN souhaitaient qu’un jour commémoratif soit choisi pour honorer la mémoire de leurs compagnons d’armes tombés au champ d’honneur.

Un profond désaccord sur la date à retenir pour cette célébration officielle a longtemps empêché d’aboutir, et le Président Mitterrand lui-même déclarait, en 1981, que ce ne pouvait être le 19 mars.

III. Le 5 DÉCEMBRE : Hommage à tous les "Morts pour la France" d'Algérie, du Maroc et de Tunisie (institué par décret du 26 septembre 2003).

DEVOIR DE MEMOIRE certes, mais aussi appel à l’UNITÉ DU MONDE COMBATTANT. Tels sont bien, à la fois, la lettre et l’esprit de ce décret prescrivant de pavoiser les édifices publics le 5 décembre et d’organiser dans tous les départements des cérémonies officielles en hommage à tous les « Morts pour la France » de la guerre d’Algérie et des combats du Maroc et de Tunisie.

En effet,

1/ Ces cérémonies officielles du 5 décembre ne visent pas à commémorer une date, historique ou pas. Laquelle faudrait-il choisir d'ailleurs ? puisque parmi celles qui avaient fait naître quelque espoir à l'époque, aucune n'a résisté aux dures réalités de l'Histoire.

2/ Il ne s'agit pas davantage de célébrer la fin d'un conflit puisque ce dernier s'est hélas prolongé, de façon unilatérale certes, et bien au-delà du cessez-le-feu officiel.

3/ Il s'agit, bien au contraire, de rendre hommage à ces quelque 24 000 valeureux compagnons d'armes, militaires d'active, appelés et rappelés du contingent, fonctionnaires civils et de police, harkis et moghasnis, infirmières, ambulancières et auxiliaires féminines, tous et toutes tués dans l'accomplissement de leur service, de leur devoir d'état ou de citoyen, pour défendre ce qui était alors bel et bien territoire français, ou placé sous la protection de la France.

On retiendra donc que :

Le 5 décembre, la France entière se recueillera désormais dans le souvenir de ceux qui, de 1952 à 1962 [1], ont versé leur sang en Afrique du Nord, pour que les valeurs de Liberté, d'Égalité, et de Fraternité demeurent dans ces pays, notamment sur cette terre d'Algérie si attachante, et qui a tant souffert depuis.

L'officialisation, au plan national, de la date du 5 décembre n'est donc pas une manœuvre politicienne. C'est, bien au contraire, une mesure d'apaisement. Elle a précisément été retenue afin de sortir de la querelle, hélas trop politisée, des autres dates proposées antérieurement.

Il faut maintenant œuvrer pour que cette décision mette, enfin, un terme à ce débat sans issue qui divisait le monde combattant depuis de si longues années.

Toutes les associations, notamment celles qui regroupent les anciens d'AFN, doivent donc être très clairement invitées à participer aux cérémonies qui se dérouleront désormais chaque année, le 5 décembre, dans leur commune, leur département ou à Paris.

Il convient, parallèlement, de veiller, lors de ces cérémonies officielles, à la participation des autorités préfectorales et militaires — mais aussi des maires — tout en les invitant à ne pas se disperser dans d’autres commémorations associatives, ce qui ne pourrait que brouiller le message adressé au monde combattant et à l’opinion publique.

Notons, enfin, que les cérémonies du 5 décembre ayant désormais un caractère national et officiel, toute incitation à les boycotter doit être considérée comme une invitation à la désobéissance civique!

[1] / Il convient toutefois de rappeler, qu'entre le 2 juillet 1962 et le 1er juillet 1964, les opérations ont continué avec des "morts pour la France" et des citations au titre de la Croix de la Valeur Militaire.